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Normalisation du français

Le ramassis de stupidités entendues sur la réforme de l’orthographe m’a fait réfléchir, et je constate que la répartition des graphies n’est pas très satisfaisante.

Elle sépare les francophones en deux catégories : les classicistes et les réformistes, ce qui n’a pas d’utilité, attendu que tout le monde emploie des graphies “réformées” et “classiques”. C’est normal, puisque la plupart des gens n’y connaissent rien. Beaucoup râlent sur ce qu’ils ignorent. Ces conneries me fâchent, c’est fatigant de lire n’importe quoi.

Bref… donc, il est temps de faire le bilan de la réforme, c’est-à-dire :
— intégrer ce qui est acceptable, ce qui est cohérent,
— rejeter ce qui est anecdotique, inusité, bizarre,
— suspendre ce qui sera peut-être un jour accepté (je pense ici à l’accent circonflexe).

Merci de faire part de vos remarques.

fr.wikipedia.org…
le 19 février 2016 à 10:19
Parmi ce qui est intégrable au français courant :
— relai (sur le modèle de délai) fr.wiktionary.org…
— ognon (sur le modèle de montagne, besogne) fr.wiktionary.org…
— nénufar (nénuphar n’est qu’une erreur datant de 1935) fr.wiktionary.org…
— imbécilité (cohérence avec imbécile),
— évènement (cohérence avec collège, avènement…) fr.wiktionary.org…
— charriot (cohérence et étymologie, vient du latin carrus) fr.wiktionary.org…
— bonhommie, prudhommie (normalisation, cohérence avec homme)
— interpeler (cohérence avec appeler)
— boursouffler et variantes (cohérence avec souffler)

Ce ne sont pas toujours des graphies réformées, puisque beaucoup existent depuis longtemps. Elles ont donc leur place dans le dictionnaire classique.

Les graphies sans accent circonflexe resteront dans le dictionnaire réformé.

Parmi les bizarreries qui vont disparaître, il y a “gentleman-farmeur” et d’autres graphies rares. Ce n’est pas employé et, en plus, c’est incohérent.
le 19 février 2016 à 10:29
Ça me conforte dans l’idée qu’on a fait le bon choix en intégrant la version "toutes variantes" dans les logiciels Mozilla.

J’ai vu des gens faire exactement le contraire de ces propositions : rejeter viscéralement "ognon" et "nénufar" tout en n’hésitant pas à écrire "il parait". Même si l’on est déjà trente ans après la réforme, je n’ai pas du tout l’impression que l’orthographe s’est stabilisée, et en moyenne chacun semble prendre ce qui lui plait d’un côté ou de l’autre.

Peut-être que c’est l’affaire d’une génération, ou qu’on verra toujours deux variantes de certains mots comme "clef/clé" indéfiniment.
le 21 février 2016 à 17:46
Pour qu’il y ait normalisation, il faut normaliser, note bien. :) Tant qu’on reste dans le vague, ça restera le bordel. Je vais tenter de sélectionner et épurer. Mais ça va prendre du temps. J’en ai marre de cette situation.

À terme, j’aimerais qu’on ait plus que deux dictionnaires, peut-être trois, au maximum.

Pour ma part, ce sont surtout les graphies “extrêmistes” de la nouvelle orthographe qui me fâchent, parce que c’est de la rénovation graphique inutile que personne ou presque n’utilise.
Je suis de ceux qui ne sont satisfaits par aucun dictionnaire actuel, puisque le dictionnaire commun intègre des choses à mes yeux superflues et les autres n’acceptent pas tout ce que j’utilise, ce qui est pénible.
le 21 février 2016 à 18:15
/!\ Attention pavé /!\ Vous pouvez directement aller voir la dernière ligne pour lire ma réponse à la problématique du sujet.

Bonjour,

Je fais partie de ceux qui se sont intéressé au contenu de la "réforme" à cause (ou grâce) à toute cette agitation. Avant de râler comme un mouton, j’ai recherché, je me suis renseigné et j’ai trouvé puis lu le texte proposé. Exercice au final assez simple puisque qu’il se trouve au Journal Officiel.
En parallèle, je me suis intéressé au formidable Grammalecte et à la réforme à cause de mon orthographe et de ma grammaire que je trouvent affligeants. (A l’avance, pardonnez moi pour les fautes que vous trouverez dans ce texte.)

Dès le début de la lecture du document, on comprend vite à quel point les médiats ont induits les gens en erreur.
Par exemple cette phrase du chapitre intitulé "Principes" en dit très long. sic :

Toute réforme du système de l’orthographe française
est exclue : nul ne saurait affirmer sans naïveté qu’on
puisse aujourd’hui rendre « simple » la graphie de notre
langue, pas plus que la langue elle-même. Le voudrait-on,
beaucoup d’irrégularités qui sont la marque de l’histoire
ne pourraient être supprimées sans mutiler notre
expression écrite.
Les présentes propositions s’appliqueront en priorité
dans trois domaines...


La notion même de réforme est exclue de ce texte qui emploi le terme "Rectification" dont le sens est largement moins contraignant.

Autre exemple, quand il est dit "que ce texte provient de l’Académie Française" ou pire "que le gouvernement ferait mieux de s’occuper de l’emploi et du chômage" cela montre bien l’ignorance de ces interlocuteurs. Le texte à été émis par le Conseil supérieur de la langue française et seulement rapporté et validé par l’Académie française. Mais aussi le Conseil de la langue française du Québec et le Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique. De mon point de vue, cela consolide grandement sa légitimité. C’est la preuve (s’il en est besoins) que c’est le fruit d’un travail collaboratif et réfléchi par des spécialistes.
D’une manière générale, le texte est très riche d’enseignement sur sa genèse, son application et les pistes de travail qui ont amené à telle ou telle proposition. Il porte sur six points :

- le trait d’union et la soudure.
C’est pour moi la proposition la plus complexe, mais elle a le mérite de proposer une cohérence là où avant il n’y avait qu’un vaste bordel issu des usages sans la moindre cohérence. A titre personnel j’aurais apprécié une liste "officielle" avec une liste d’exemples plus riche.
mais globalement, j’approuve.

- le pluriel des mots composés :
Selon moi, d’une logique implacable. Cette proposition forme un tout cohérent et donne une règle unique et simple dont il serait idiot de se passer.
J’approuve.

- l’accent circonflexe :
Probablement ce qui a fait couler le plus d’encre. Et contrairement à ce que beaucoup on glosé, il ne s’agit pas ici de faire disparaitre l’accent circonflexe mais d’en simplifier l’usage. Et même si c’est probablement la partie de la réforme que j’ai le plus de mal à appliquer sans correcteur, je la trouve globalement logique et encore une fois cohérente. Idem concernant les changements pour le tréma. Écrire "une cigüe" (le tréma signifiant la prononciation de la voyelle sur laquelle il est appliquée) est tellement plus logique que "une ciguë". Avec cette graphie, le mot devrai se prononcer [si.gə] et non [si.gy].
J’approuve.

- le participe passé :
Impact mineur selon moi. À titre personnel je l’utilisais déjà sans le savoir.
Je ne peut donc qu’approuver.

- le pluriel des mots empruntés :
Là encore, la simplification devrait en ravir plus d’un et cela entérine de nombreux mots d’origine étrangère depuis très longtemps présents dans la langue.
Au moins, on hésitera plus pour écrire le pluriel de scénario en se demandant s’il faut accorder selon l’origine latine du mot ou non. "Des scénarios" nous prouve définitivement que c’est bien un mot français d’origine latine et non un mot latin intégré à la langue. Et c’est encore plus vrai avec les mots anglais, espagnols ou allemands.
La encore, on renforce la cohérence de la langue, on l’harmonise, on la simplifie. En en plus cela enrichit la langue d’un grand nombre de mots. "Katana" qui était un mot japonnais deviens un mot français avec "katanas". Moi qui utilise souvent des mots désignant des objets traditionnels d’origines diverses, j’apprécie énormément cette règle.
J’approuve.

- et enfin, les séries désaccordées :
Ici encore, le texte fait preuve de bon sens. Mais si personnellement, j’aurais préféré qu’au lieu de prendre l’étymologie comme base pour l’accord des mots, j’aurais préféré une simplification de la graphie. Par exemple en prenant comme base le mot sans doubles consonnes. Toutefois, donner une cohérence aux mots d’une même origine étymologique simplifie encore la langue et ne peut être qu’un plus. Pour moi "charete" et "chariot" ont plus de sens qu’avec des doubles R et double T. Particulièrement si on prend en compte l’origine "char", avec un seul R, des deux mots.
J’approuve, mais avec réserve.

Je valide donc six points sur six. Avec un avis raisonné et construits point par point à partir du texte d’origine et non d’un avis partisans et biaisé d’un journaliste ou d’un pigiste qui n’aura même pas pris le soin de détailler son argumentaire. Le fait est que ce message est probablement plus long que certains articles qui ont plus être publiés dans la presse. (Je m’excuse d’être aussi long, mais à mon avis, le sujet vaut bien un petit argumentaire).

A titre très personnel, je pense que la rectification aurait pu aller plus loin en supprimant toutes les doubles consones à l’exception des mots où cette graphie est nécessaire pour éviter les confusions. P. ex. "poisson" vs. "poison".

Enfin, et pour ajouter une petite touche polémique, je me pose également la question de la pertinence de la cédille. Je me doute bien que les lemmes "garson" ou "garsone" peuvent choquer mais au final, rien que le second mot supprime deux exceptions aux règles d’orthographe : le ç et le double n. La seule et unique chose qu’on y perd c’est la source étymologique. Pourtant ce ne serait pas la première fois que la langue est ainsi simplifiée au détriment de l’étymologie.

En conclusion, tout cela pour dire que mon Grammalecte est paramétré sur la réforme 1990 stricte (c.-à-d. avec presque toutes les options cochées). C’est pour moi le meilleur moyen d’apprendre à maitriser cette rénovation que je trouve globalement positive quoiqu’en disent les moutons.
A mon avis, si seulement deux dictionnaires devaient être conservés, c’est le dico Classique et le 1990 avec un tronc commun "invisible" pour les utilisateurs.
le 25 février 2016 à 14:48
Réforme ou rectifications, aucun des deux termes ne convient vraiment. Certaines graphies sont des corrections d’erreurs passées (des rectifications) tandis que d’autres sont des nouveautés (réforme). Donc, j’évite de me lancer dans ce débat. :)


Je n’ai pas encore d’avis bien établi sur les dictionnaires, ça va dépendre de ce qui me semble approprié, mais je peux spéculer, et j’aimerais que ça ressemble à ça :
— Dictionnaire “Moderne” (français actuel et classique) : en gros un dictionnaire classique avec tout ce que la réforme a de plus acceptable. (Même si je préfère l’appeler “Moderne”, il ressemble plutôt au dico “Classique” actuel.)
— Dictionnaire “Toutes variantes” : avec les graphies réformées rares et les raretés anciennes.

Du coup, il n’y aurait plus de dictionnaire spécifique pour ceux qui veulent uniquement les graphies classiques ou uniquement les graphies réformées. Les puristes des deux bords devront assumer leur purisme par leurs propres connaissances.

Mais je préfère prendre le temps de la réflexion. :)
le 26 février 2016 à 09:55
Que cette réflexion dure le plus longtemps possible.
J’utilise Grammalecte comme l’un des très rares vecteurs d’apprentissage disponible tout en restant utile au quotidien.
Sans le dico 1990, il perd cet usage.
Mais je suis conscient d’être un cas rare.
le 29 février 2016 à 18:01
Je pense que le mieux c'est de partir sur deux dicos mais avec trois choix:
- Classique strict (aucune graphie réformé)
- Moderne strict (seulement les graphies réformé plus quelques exceptions classiques encore fortement utilisées)
- Toutes variantes (les deux dicos càd toutes les graphies classiques et modernes)
le 20 mai 2016 à 02:50
Trois choix = trois dictionnaires.

Classique strict, ça n’existe pas. Ça n’a jamais existé. Ça a toujours été le bordel.

Réforme stricte, ça a déjà plus de sens, mais ça n’existe pas non plus. Par ailleurs, ça exclut trop de graphies hyper-courantes. Pas commode pour le correcteur grammatical. Par exemple, que “macro-économie” ne soit pas reconnu parce que la réforme veut la soudure, ça n’a pas de sens. Surtout que ce sera quand même reconnu par le correcteur orthographique (et pas par le correcteur grammatical) = incohérence.

Toutes ces querelles reposent sur la croyance que l’orthographe a une cohérence, une logique. Or, il n’y en a guère. C’est juste un habitus.

Trois choix, ça revient à faire ce qui est fait à présent : séparer les classicistes et les réformistes, ce que précisément j’aimerais éviter, puisque les vrais puristes sont dans le fond assez rares. Je l’ai dit : si un puriste n’est pas capable de connaître lui-même sa logique orthographique, en quoi c’est notre problème ? Le français est déjà bien assez compliqué comme ça.

Pour ma part, je reste sur l’idée de deux choix.
— Moderne-Classique,
— Toutes variantes.

Ma réflexion se porte sur ce qui sera commun et sur ce qui sera relégué.
le 20 mai 2016 à 06:48
Personnellement, je me moque bien de toutes ces guéguerres, tant que je peux utiliser le "toutes variantes" ;-)
Je crois que tu fais le bon choix en simplifiant le nombre de dico car ça te permettra de moins te fatiguer sur la partie dictionnaire et de maximiser tes forces sur les sujets plus importants.
Merci encore pour ton travail remarquable (mais ne prend pas la grosse tête ;-) )
le 23 mai 2016 à 03:02
En fait, ça ne change rien à la charge d’élaboration du dico.
le 23 mai 2016 à 08:01
À considérer : www.crisco.unicaen.fr…
le 02 juillet 2017 à 05:11

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